Le lieu des Tournelles serait une ancienne métairie royale et résidence des rois mérovingiens. En effet un mur, très épais formé de gros moëllons bordant la propriété, pouvait être un vestige d’un bâtiment ayant appartenu à une villa gallo-romaine puis mérovingienne(1) mais ce dernier fut détruit lors de la rénovation urbaine du quartier le 25 septembre 1969(2) et devait faire l’objet d’une reconstruction par une entreprise locale. Un inventaire dans un acte de vente de 1479(3) détaille les biens de « l’ostel des tournelles ». Sur la carte de Trudaine de 1745, la propriété est un ensemble de bâtiment en forme de U autour d’une cour intérieure. En 1912, il ne reste qu’une partie de bâtiments, ceux au bord de route.
La propriété, qui avait une surface de plusieurs hectares, allait de la rue du pont saint martin (déplacée depuis la rénovation du quartier Gambetta avant 1974) aux rails du chemin de fer allant de Paris à Strasbourg. Le terrain sera ensuite amputé de plus de la moitié par la construction de la gare de triage en 1925.
Dans son domaine, la famille Marquay reçoit des enfants de l’Œuvre Laïque du Travail des Vacances mais aussi des évènements sportifs. Après la disparition en 1931 de Julien Marquay, sa femme, Rosalie, reprend un temps l’entreprise. Elle décède en 1956. En 1963, en préambule à la rénovation urbaine du quartier Gambetta, une proposition de rachat auprès de madame Rolande Louise Renée Leroy-Marquay, fille adoptive de Julien et Rosalie Marquay et épouse d’Aurélien Jean Baptiste Parent, avec lequel elle demeure dans la propriété, n’aboutit à aucun accord à l’amiable.
Le conseil municipal décide alors d’en faire l’acquisition par voie d’expropriation(6).
Le terrain est finalement acquis en 1968(7) pour être utilisé pour la construction d’une école et de 96 logements à loyer modéré. Le château et ses dépendances sont détruits. L’école se construit en 1969-1970. Elle est inaugurée le 14 juillet 1970 et 12 classes sont ouvertes pour la rentrée scolaire. Elle prend le nom de « école des Tournelles » en souvenir du domaine. Rénovée et agrandie en 2005, le nom de Guy-Rabourdin lui est associé en hommage de l’ancien maire (1918-2001) qui occupa ce poste de 1959 à 1977.
(1) Chelles à l’époque mérovingienne, Nadine Berthelier-Ajot, revue dub Nord, 1986, p.345-360(2) Par l’entreprise Imbenbo, voir « Rénovation urbaine : compte-rendu du 23 septembre 1969, Archives municipales, 3R14.

