Retour sur les différents cinémas qui ont existé dans la commune.
L'histoire des cinémas chellois est riche. Plusieurs établissements se sont succédés depuis une centaine d'années à différentes adresses de la ville. Dès le début des années 1920, le Rigoletto est créé avenue des Abbesses. Dix ans plus tard, le centre-ville accueille à son tour un cinéma, le Palace, qui s'installe rue Gambetta. Non loin de là, rue Gustave Nast, une ancienne salle de spectacle abrite différentes enseignes de cinéma successives, dont le Majestic. Enfin, en 1977 apparaît celui que l'on connaît toujours comme le cinéma Etoile Cosmos, installé 22 avenue de la Résistance.
Le cinéma de l'avenue des Abbesses
Le Rigoletto a été construit en 1921 par Alphonse Mariey et a ouvert en 1922. Il a été exploité un temps par la famille Mariey avant que celle-ci ne cède le fonds de commerce quelques années plus tard tout en restant propriétaire des murs. Parmi les exploitants de ce cinéma, on compte Georges Fenié, ainsi que Charles Grapin. Celui-ci cède en 1969 la Société Cinématographique Chelloise, et donc le fonds de commerce, à René Lelièvre. C'est à partir de cette date que le nouvel exploitant donne à l'établissement un autre nom : le cinéma ABC.
Les Archives municipales présentent deux illustrations correspondant aux deux époques de ce cinéma. La première est une carte postale (image 8) qui montre le cinéma quand il se nommait encore le Rigoletto, tandis que la seconde est une photographie représentant l'ABC durant ses dernières années d'exploitation (image 9, 276W4).
Les cinémas de la rue Gustave Nast
L'adresse du 3 rue Gustave Nast abrite durant plusieurs décennies différentes enseignes de cinéma. A l'origine, y existait une salle de spectacle, nommée le Kursaal. Les Archives municipales conservent une vue de cet établissement sur une reproduction de carte postale (image 1, 4Z5). A la même adresse, différents projets de réaménagement de l'établissement en cinéma se succèdent, dont les archives sont conservées à l'Hôtel de ville.
Ainsi, le Nouveau-Kursaal fait l’objet d’une demande d’autorisation en 1935 par Julien London qui échange avec les services municipaux sur les questions de sécurité de la salle en cas d’évacuation et notamment d’incendie. Le directeur-propriétaire fournit dans ce cadre un plan de la salle (image 2, 2T1820). Il obtient finalement de la mairie une autorisation d'ouverture à condition de répondre positivement aux différentes réserves émises à propos de la sécurité de la salle.
Dix ans plus tard, toujours au 3 rue Gustave Nast, la Société Immobilière et Mobilière Cinématographique fait dresser des plans pour la remise en état et la transformation de la salle en un nouveau cinéma nommé l’Artistic (image 3 et 4, 123W74). Ces plans de 1946 permettent de se représenter visuellement ce projet de transformation.
Enfin, une dernière enseigne de cinéma exista à cette adresse. C'est le Majestic (image 5, 64Z), qui fut remplacé par un supermarché au début des années 1970.
Le Palace
Ce sont les parents de René Lelièvre - figure des cinémas chellois, futur exploitant du cinéma ABC et créateur du Cosmos - qui ont créé le Palace, rue Gambetta, dans le quartier du Vieux Chelles. Ce cinéma a ouvert le 13 juillet 1934 et a fermé en août 1971. Les Archives municipales de Chelles conservent deux illustrations de ce cinéma disparu. La plus ancienne est une photographie sur plaque de verre qui représente la rue Gambetta (image 6, 63Z29). Au centre de cette photographie, sur la droite de la rue, deux enseignes indiquent la présence d'un cinéma. L'autre illustration de la présence du Palace est une photographie prise en 1945 à l’occasion du convoi funéraire de George Digoy, maire de Chelles de février à septembre 1945 (image 7, 37Z). Sur cette photographie on distingue nettement l’enseigne « Palace » en haut de l'image.
Le Cosmos
Le Cosmos a été créé le 1er décembre 1977 par René Lelièvre qui fit construire à cette fin le bâtiment correspondant, avenue de la Résistance, au milieu des années 1970. Au tournant des années 2000, René Lelièvre, devenu trop âgé, souhaite céder ses cinémas - l'ABC, récupéré en 1969 et le Cosmos, ouvert en 1977. Ne trouvant pas de repreneurs privés, c’est la municipalité qui prend le relais, louant les salles respectivement à René Lelièvre (pour le Cosmos) et Françoise Mariey (pour le cinéma ABC). La commune se met alors en recherche d’un prestataire de service public afin de maintenir l’activité des salles.
Dans un premier temps c’est la société Studio 43 de Gérard Vaugeois qui assure l’exploitation des deux cinémas. Après le dépôt de bilan de cette société, d'autres structures lui succèdent, dont Etoile Cosmos depuis 2014. Le maintien de l’exploitation du cinéma ABC, trop coûteux, cessa en 2004. Le cinéma Etoile Cosmos connaît pour sa part des travaux de rénovation et de modernisation en 2011-2012 (images 10 et 11). Actuellement, des films grand public, d'animation, ainsi qu'une programmation d'art et essai sont projetés afin de satisfaire tous les publics.

